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Lundi 24 juillet 2006

J’aime Paris en été. L’ambiance est beaucoup plus détendue. Tu trouves à t’asseoir dans les bus qui roulent plus vite. Super ! Mais avec toutes cette chaleur que nous avons en continu depuis quelques semaines les yeux me piquent en raison de l’ozone. Mauvais. Nous allons manger à l’ombre la salade préparée maison, un petit bout de pain baguette pour pousser et arrosée d’un « Château la Pompe  grande année »  comme on dit, c’est-à-dire une véritable eau du robinet. Nous allons nous asseoir ici, sur un de ces bancs et déposer nos victuailles sur la table de bois.

 

 

  

Regarde comme c’est sympathique, même l’oiseau copine…

 

 

 

Là, sur ta droite, au fond et au-delà des jardins, c’est l’église Ste Eustache construite de 1532 à 1640 mais, ce que tu dois aussi savoir c’est comment on en est arrivé à avoir cette magnifique église. En 1213, un bourgeois de Paris, Jean Alais, chef des joueurs de mystères (ceux qui jouaient des scènes de la bible dans les églises) prêta au roi Philippe Auguste une importante somme d’argent. Pour le rembourser, le roi l’autorisa à prélever un denier sur chaque panier de poisson que l’on vendait aux Halles, dont les deux premiers bâtiments avaient été bâtis par lui en 1181, pour abriter les drapiers et les tisserands. La recette devint telle que Jean Alais, selon l’usage de l’époque, fonda une chapelle en remerciement de sa bonne fortune. C’est dire !

 

 

 

Et les origines des Halles me diras-tu ? Au départ le marché central se faisait place de Grève. Mais en 1135 Philippe Auguste le transféra au lieu-dit Les champeaux ou Petits Champs qui étaient d’anciens marécages hors de l’enceinte. C’était comme un « bazar » immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendaient des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie. Les marchands s'installaient sous des abris particuliers proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie était le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands vinrent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement. Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe Auguste fit construire les premières halles pour les drapiers et tisserands

Louis IX ajouta, en 1265, deux bâtiments à ceux de son grand-père pour la vente du poisson, frais ou salé, qui était livré par les rues des Poissonniers, des Petis-Carreaux ou encore Montorgueil. Ce carrefour était au Moyen Age le plus animé du marché, centre de la vie sociale. Mais le marché continua de s'étendre, de telle sorte qu'à partir du XVIème siècle on envisagea sa réorganisation et l'élargissement des voies. On fit bâtir des maisons avec généralement, au rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connues sous le nom de « piliers des Halles » qui disparurent lors de la construction du pavillon Baltard.

En 1808, Napoléon Ier entreprit une réorganisation cohérente des marchés couverts et élabora une réglementation sur l'abattage des animaux. Il projeta de faire construire une halle centrale entre le marché des Innocents et la Halle au blé. Malgré tout,  très rapidement, les problèmes de circulation et d'hygiène ressurgirent, ce qui incita le préfet Claude Berthelot de Rambuteau à créer en 1842, la Commission des Halles qui avait pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer. Le concours d'architecte lancé en 1848 fut remporté par Victor Ballard qui projeta d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Dix pavillons furent construits entre 1852 et 1870. La construction des deux derniers s'acheva en 1936.

La superficie du marché des Halles était de 32 hectares, seulement 15 hectares seront rénovés. C’est donc le centre culturel à Beaubourg, l’aménagement du quartier de l’Horloge, la construction de la gare RER et du Forum. Les Halles seront transférées à Rungis.

En 1969, je n’étais pas encore « montée à Paris » quand j’ai appris qu’on allait raser tous ces pavillons, le dernier étant le Pavillon Baltard celui des fruits et légumes. Pendant un bon moment l’endroit c’est appelé « Le Trou des Halles » et puis a ressurgi ce que tu vois sur ces photos « Le Forum des Halles » avec l'oiseau et la demoiselle en premier plan.

 

 

 

 

 

 Beaubourg avec toute sa tuyauterie, ses musiciens et autres artistes, son immense bibliothèque etc….

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le fond Le quartier de l’Horloge plein de courants d’air en hiver et devant l'esplanade de Beaubourg.

 

 

 

 

 

 

 Il y a eu une enquête ouverte à tout public en  décembre 2004 à la suite de la présentation de cinq projets d’architecture pour refaire les bâtiments actuels. C'est le projet de l'architecte et urbaniste français Davis Mangin qui remporte les suffrages, plus pour son parti pris que pour le projet en lui-même, qui ne sera pas concrétisé tel quel. Son rôle est de coordonner la mise en œuvre du projet, dont il réalisera une partie. Un concours international sera organisé, afin de déterminer le projet définitif. Les premiers travaux devraient commencer en 2007.

 

 

 

Un petit dessert ? Une glace ? Alors glissons vers la place de la Fontaine des St Innocents. Là aussi c’est une longue histoire aussi on se mange notre glace et je te raconte tout une prochaine fois. J’ai la gorge un peu sèche.

 

 

 

Josée Dauphin

 

 

 

Sources « Le départ des fruits et légumes » Œuvre de Mason et Wikipédia

 

 

 

 

 

 

par DAUPHIN publié dans : Paris

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