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Jeudi 1 juin 2006

"Chère Mamie, ici il fait très beau" Qui n'a jamais reçu de tendres cartes postales bourrées de fautes d'orthographe, brefs résumés de vacances inoubliables ? En France, elles sont 300 millions à circuler chaque année. Depuis la fin du XIXème siècle, elles font le bonheur des petits et des grands et en profitent pour retracer la vie des bretons de l'époque. A Baud, le cartopole a voulu exploiter cette richesse culturelle. Il réunit plus de 40 000 pièces de collection.

On pénètre dans le Cartopole de Baud comme si l'on entrait dans un village d'autrefois. Sur la droite, la Poste affiche fièrement sa boîte aux lettres d'époque. La Gare , en face, semble prête à accueillir les premiers touristes, et l'incontournable Café de la gare, sur la gauche, attend ses habitués du dimanche. Dans cette ambiance de début du siècle, la scène est digne d'une carte postale. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : les murs de ce village reconstitué en sont pleins.

L'idée de Conservatoire régional de la carte postale revient à James Eveillard, il y a une douzaine d'années. La mairie de Baud voulait alors construire un écomusée. Pas très original au goût du responsable de la bibliothèque : « Je connaissais des passionnés de cartes prêts à léguer leur collection, alors j'ai proposé de faire quelque chose autour de la carte postale. Il n'existait rien de ce genre en Bretagne ! » Avec l'aide du Frab, le Fonds régional d'acquisition des bibliothèques, la commune acquiert donc près de 18 000 pièces. En 1996, Le Cartopole ouvres ses portes ; il retrace l'histoire de la carte postale et met à disposition du public une partie de sa collection.
 

Un succès fulgurant 



En Bretagne, la carte postale a remporté un franc succès dès son apparition, à la fin du XIXème siècle. A l'époque, les images dans les journaux sont rares et le cinématographe reste encore une curiosité. Les cartes illustrées sont donc très prisées, d'autant plus que l'alphabétisation progresse. Mais le véritable succès de la carte postale arrivera avec les premiers touristes, qui envoient des cartes depuis leur lieu de villégiature. Celles-ci assurent donc la promotion de la Bretagne à paris et dans les autres régions. « L'invention de la carte postale a fait plus pour le tourisme que celles des chemins de fer », affirme ainsi l'écrivain Georges Duhamel.


Plage St Jean, le cimetière et l'Ile Tristant à Tréboul


Quimper: tourelles et vieilles maisons sur Steir



Une chose est sûre, c'est que le marché se développe. Les éditeurs se comptent par milliers. Des bretons se spécialisent eux aussi dans la carte postale : Armand Waron et Emile Honic à Saint-Brieuc, Joseph-Marie Villard à Quimper, Gabriel Artaud à Nantes, Le Doaré à Châteaulin. Les petits commerçants, épiciers ou buralistes, peuvent également éditer leurs propres cartes postales. A la moindre occasion, ils sortent leurs appareils photos. Mariages, enterrements, fêtes de village ou vie de tous les jours, tout y passe. 
   

 

 

Une valeur scientifique. 

Cette multiplicité de petits éditeurs locaux a favorisé l'exceptionnelle richesse des cartes postales bretonnes. Vieux métiers, costumes, techniques anciennes. Elles offrent de nombreuses informations sur l'histoire du début du siècle. Ainsi des historiens, étudiants, chercheurs ou même des généalogistes fréquentent le Cartopole, à la recherche de précisions ethnographiques ou techniques. « « Par exemple, les cercles celtiques viennent étudier les cartes postales pour repérer un détail dans les costumes », témoigne Yolande Brolon salariée au Cartopole. Des répliques de voiliers anciens ont également pu être reconstituées grâce aux cartes postales.

  

L'île du Coulinec à Tréboul

Depuis sa création, le Conservatoire de la carte postale a complété sa collection. Elle contient aujourd'hui plus de 40 000 pièces. La plupart datent des années 1900-1920. Car après la seconde guerre mondiale, la carte postale a entamé son déclin. Elle a souffert de la concurrence de la photographie, devenue plus accessible, et de la TSF qui assure désormais la circulation de l'information. Il faudra attendre les années 70 pour que la carte postale retrouve ses heures de gloire. Les cartes multi vues et humoristiques apparaissent, ainsi que les cartes de voeux. Et aujourd'hui, c'est la carte recette du far breton qui détient le record des ventes !


D'après une peinture de Théophile DEYROLLE "Les Joueurs de boules" à Concarneau vers 1887


La collection en ligne 

Afin que tous puissent profiter de cette richesse culturelle trop peu exploitée, le Conservatoire régional de la carte postale a effectué un travail colossal de classement et de numérisation des fonds. Ainsi, l'ensemble de sa collection est consultable sur le site internet www.cartolis.org.

En attendant, les murs du Cartopole affichent fièrement une part entière du patrimoine breton. Cartes nuages, cartes brevet, cartes à système.Cartes en cuir, cartes en liège, cartes en celluloïd.Cartes de peintres célèbres ou de chanteurs à la mode (un couplet sur chaque carte). Le Cartopole n'en finit pas d'exposer la richesse de sa collection. Et toujours avec une pointe d'humour !

Virginie  Le Pape dans  BREIZhmag Une terre, des hommes -Printemps 2006- (sur papier glacé s'il vous plaît!) parution dans tous bons kiosque, proposée tous les deux mois à 5,80 €

 

 

 

 

  
P.S. C'est un voyage par les cartes et dans le passé que je te propose là. J'espère que cela te plaîra ?! Il y avait une photo que j'aurais voulu te montrer sur les noces dans les environs de Pontivy. Mais je n'ai reçu aucune réponse à mon si gentil mail de demande à la Cartopole. Celles que tu vois là sont de ma collection privée comme on dit. Donc pour revenir à cette carte de Pontivy on voyait une noce en grande pompe avec les costumes superbement brodés de l'époque, coiffe pour les dames et châpeau, ben oui breton, pour les messieurs qui prenaient part aux agapes assis à même la terre dans des tranchées creusées tout exprès et ce en raison du nombre d'invités qui pouvait atteindre le chiffre de + 1 500. Pour les noces à Tréboul, près de Douarnenez, on installait des planches sur des tréteaux qu'on recouvrait de draps blancs. La fête rassemblait 200 personnes en moyenne et durait 3 jours. Le 1er jour était le mariage avec tous les invités, le lendemain était réservé aux mariés avec les jeunes et le 3ème était le "retour de noce" où l'on terminait les restes et ouvert à tous les invités. Inutile de dire qu'à la fin tout le monde était épuisé et les jeunes mariés plus que les autres. Ils devaient en plus subir chaque nuit le charivari pour les empêcher de dormir. Ces durées de festivités ont continuées jusqu'en 1955 environ après c'était trop cher.


Kenavo ! je sais aussi dire "à bientôt" mais avec un ortographe uniquement phonétique "Arvechal".

Josée Dauphin

 

 

 

 

 




par DAUPHIN publié dans : voyages

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