Oulala ! Quelle prise de tête !
FEVRIER
Je décide de partir rejoindre mon fils pendant mes vacances aux USA et je me rends compte que je ne peux plus mettre la main dessus mon passeport et je me dis « bah ! ce n'est pas grave il est périmé ».
Je commence par me renseigner au bureau pour savoir si les dates que je propose sont possibles et il m'est recommandé « faites bien attention pour les USA, ils sont devenus très, très stricts. IL faut un visa » Je parle autour de moi, je lis tout ce que je peux à ce sujet sur Internet, je me rends compte que je ne suis, effectivement, pas sortie de l'auberge. Je passe de l'espérance au grignotage de mes ongles.
Je frémis en entendant, non seulement les temps d'attente pour l'obtenir mais aussi le coût et la manière : téléphoner à l'Ambassade des USA pour prendre rendez-vous si tu as de la chance de les avoir au bout du fil. Donc, tu es là à te demander par quoi tu commences. Tu te lances dans des supputations, des probabilités : il faut obtenir le visa à telle époque, tant de plus pour le rendez-vous, tant de plus pour l'obtention du visa cela fait donc un total de 5 mois. S'ils avaient ce passeport biométriqe je n'aurais pas besoin de visa donc en 2 mois je serais assurée d'être prête à partir mais il y a attente de la décision d'un jugement à ce sujet. Va savoir quand cela va tomber...
Et puis il y a aussi les calculs : « Si j'achète mon billet maintenant je pourrais l'avoir moins cher. Mais si je n'ai pas mon visa je l'aurais acheté pour rien parce que je ne pourrais pas le faire rembourser. D'un autre côté, si je l'achète en toute dernière minute je risque de n'avoir aucune proposition sur ma destination et gna et gna »
Résultat : trois nuits blanches à trouver la bonne solution.
MARS
Après de longues et tortueuses supputations, je suis parvenue à la conclusion que vu ma date de départ, à mi-septembre, j'aurais, normalement, le temps d'obtenir mon visa si je commence tout de suite. J'achète donc mon billet. Lorsqu'il arrive à la maison je ressens comme un sentiment de victoire.
Passage obligé suivant : les photos. Je me fais la plus belle possible, masque et tout pour que le flash prenne bien une peau lisse et rose et je me promets que je serais souriante, décontractée. J'ai horreur de prendre des photos et elles me le rendent bien-.
Pleine de mes bonnes intentions, je m'assieds sur le tabouret et le photographe me dit : « "Souriez. Levez le menton. Baissez le un peu. Tournez la tête à droite, légèrement, un peu moins, voilà, c'est ça regardez moi et souriez moi » clic « On recommence ». Quand il me donne à choisir je suis très étonnée du résultat : je suis agréablement souriante sur une.
Fin de mois, j'apprends par la radio que le nouveau passeport biométrique tant attendu va être mis en service le 15 avril. Passeport qui ne nécessitera aucun visa si vous allez aux USA. Je téléphone au Commissariat de Police, service des passeports, qui m'informe de tout ce dont j'ai besoin et notamment de 2 photos sans sourire ! oupss !
AVRIL
Je retourne donc me faire tirer le portrait après le travail et là le résultat ne me plaît pas beaucoup mais bon, ce n'est pas pour envoyer à Mme de Fontenay non plus. Et puis en papotant de çi de là, j'apprends qu'il faut avoir le visage totalement dégagé. Donc pas de frange sur le front. Et je repars pour un troisième tour.
C'est une jeune-fille récemment embauchée de la veille qui me dit à son tour « Baissez la tête, regardez-vous dans l'écran en bas » et naturellement je la regarde pour lui dire « Je ne vois pas » « -Mais si en bas, à droite » -« Ah ! si je vois » J'ai une drôle de tête et mon moral tombe à zéro « Je vais être comme ça ? » demande-je horrifiée. « Levez-la tête » (c?était bien la peine) « Baissez un peu le menton, ne souriez pas (je ne risque pas) « Regardez le viseur. Pensez à quelque chose d'agréable " (comme d'en finir vite par exemple ?) clic « J'en fais une deuxième » et ça repart « Baissez, levez, tourner, un peu moins, un peu plus? » Au final elle me dit « Vous savez, il s'en fiche de ce à quoi vous ressemblez. Ce qu'ils veulent ce sont vos mensurations du visage » (comment dois-je prendre cela ??!?) Je sens confusément que c'est un début de préparation psychologique avant son «Choisissez ». Je regarde derrière moi pour voir s'il n'y a pas quelqu'un d'autre qui pourrait se prétendre propriétaire de ce que mes yeux voient. Je ne me reconnais pas du tout. J'ai le choix entre une éberluée gâteuse ou une grognasse. Que l'on me prenne pour un sale fichu caractère cela passe déjà difficilement, mais pour une imbécile : non. J'aurais donc une grognasse sur mon passeport.
Nantie de mes photos, qu'elle ne découpe pas parce que c'est au Service des Passeports que cela se fait, je prends mon tour dans la queue qui serpente jusqu'à la porte du Commissariat. Quant arrive presque mon tour, je me rends compte que j'ai oublié de prendre un document attestant de mon domicile et puis, oh merveille ! je me souviens que j'ai, juste là, dans mon sac, l'enveloppe avec le paiement pour GDF.
Me voici à l'accueil. L'employée vérifie ma photo et comme je n'ai pas mon ancien passeport, je dois passer dans un autre bureau faire ma déclaration de perte. J'attends au milieu de cris d'affreux jumeaux de 2 ans environ qui n'arrêtent pas d'échapper à leur mère qui leur braille dessus mais sans plus de résultat que de leur courir derrière à chaque instant. La préposée est à bout de nerfs et ça se voit. Je repars avec mon document et je m'assoie pour remplir mon formulaire pour l'obtention d'un passeport en attendant l'appel de mon numéro. Je m'aperçois que celui-ci a déjà été appelé et je repars donc à l'accueil pour en demander un nouveau. Je patiente de nouveau pour l'appel et lorsque arrive mon tour je donne le tout à l'agent. Quelques instants plus tard, je ressorts avec un bon à retirer mon passeport pour le 15 mai. En longeant la file d'attente jusqu'à la sortie, je suis très contente de moi. J'inscris mentalement : billet + passeport = OK.
Il ne me reste plus qu'à attendre la mi-septembre.
Josée DAUPHIN


