
Ci-dessus la Tour Galata domine Istanbul et le pont qui va vers Eminonü. Il n'y parait pas beaucoup mais on remonte vers la Tour par un chemin très escarpé et lorsque vous êtes bloqué par d'autres voitures devant vous, vous avez intérêt à avoir de bons freins et à ne pas paniquer au démarrage. Débutant s'abstenir. Dans la Tour il y a des soirées cabaret avec danse du ventre et autre.
-"C'est le double que vous allez me payer si vous continuer" dit le chauffeur du domus (domousch) en se retournant à demi vers une dame imposante assise à côté d'une autre femme et qui ne veut pas se pousser pour laisser la place à un troisième voyageur. La dame râle mais ne cède pas plus. Les autres passagers attendent très intéressés de voir le résultat du match.
-"Tasse toi, pousse toi ou disparais" reprend le chauffeur en ponctuant sa phrase d'un grand geste de la main. Sous les regards amusés et légèrement moqueurs, la dame se met à se mouvoir faisant laborieusement de la place.
-'"Allah, Allah!" fait le chauffeur avec un soupir à décrocher les cornes d'un boeuf en se réinstallant confortablement sur son siège pour démarrer. La passagère qui est assise à côté de la dame dit perfidement à celui-ci :
-"Faites attention dans les tournants je ne veux pas mourir écrasée" Tout le monde rit sauf la dame incriminée. Le passager de devant s'exclame d'un ton bonhomme à l’intention de cette dernière en se retournant vers elle comme il peut -ce qui la déride très rapidement-
-"Hanim! (Hanem) ton mari doit être un homme heureux. Tu dois faire de la bonne cuisine..." etc., etc....
Vous ne parlez pas un mot de turc? Vous savez juste où vous devez vous rendre ? Vous ne savez pas comment y aller ? Peu importe. Il y aura toujours quelqu'un qui s'arrêtera et essayera de vous comprendre, de vous aider ou de vous re-filer à quelqu'un qui vous re-filera à son tour à quelqu’un pour que vous arriviez à votre destination. Vous êtes un "misafir" un invité, vous avez donc priorité et droit au respect qui que vous soyez, homme ou femme, avocat ou ouvrier, vous êtes un invité c'est ce qui prime.
Ce qui me laissait pantoise, plutôt anesthésiée qu’effrayée, c’était la conduite kamikaze sur les routes. J’ai encore des souvenirs de nids de poule que le taxi ou le domus prenait de plein fouet puisque soit il était talonné à coups de klaxon par un pilote en entraînement pour les courses à Indianapolis, ou bien comme il doublait, il ne voyait pas sur quoi allait déboucher les roues avant et blam pour les ressorts de la voiture et schtock pour les coudes, les épaules des passagers. Parfois le rire fusait dans le domus mais, bon, ce n’était pas toujours un franc éclat de rire si vous voyez ce que je veux dire, c’était plutôt le rire qui sert de masque à la crainte, au soulagement, à l’étonnement d’être encore vivant.
Ce qui me faisait rire moi c’était quand je voyais avec quoi on rebouchait les trous : de la terre. Naturellement, après x nouveaux passages, le trou réapparaissait aussi béat qu’avant. J’ai bien écrit béat pas béant. En l’écrivant cela me fait penser à une publicité à la télévision urugayenne. On y voit des gens qui se tiennent en rond, par les épaules, la tête penchée vers l’avant. Ils entonnent « Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire….» sur la musique mondialement connue. Puis le cercle s’ouvre, la caméra descend lentement vers un trou magnifique, plein d’eau au milieu de la chaussée. Puis une bannière apparaissait à l'écran. Elle se déployait lentement et on pouvait y lire "Bientôt un an !".
Il y avait autre chose et c’était : tu doubles à gauche c’est bien, tu doubles à droite c’est bien aussi. D’après les dernières nouvelles que j’en ai eu, rassurez-vous, vous pourrez tester : cela n’a pas changé.
On parle de Paris et de sa fichue circulation que ça soit pour entrer, dedans ou pour sortir ; c’est idem pour Istanbul. Mais tout comme pour notre capitale, il y a les bus, les tramways et depuis plusieurs années le métro qui dessert le centre –installé par les français-. Le hic de ces villes anciennes se sont les largeurs de rues qui n’ont pas été prévues pour les voiture. Personnellement, je préfère laisser leur caractère aux villes et celui-ci passe, aussi, par la largeur des voies.
Sur papier tout semble lisse. Maintenant dites : « moteur » et vous aurez les bruits des accélérations, des freinages, les coups de klaxons énergiques, les portières qui claquent, les noms d’oiseaux qui fusent par les fenêtres ouvertes ou baissées pour l’occasion.
Dommage, je n'ai pas de photos relatives à la circulation à Istanbul. En compensation, sans aucun rapport avec mon thème d'aujourd'hui je vais vous en mettre d'autres. Juste histoire de rêver.
(Je viens de passer chez le dentiste et je me sens laborieuse dans mon texte d'aujourd'hui.)
Bon 1er Mai !
Josée Dauphin
Le Harem avec les appartements du Sultan et le Café Loti en dessous


Les murs d'enceinte d'Istanbul
Voilà quelques unes de mes photos que j'ai prises lors de ma promenade dans le Jardin du Luxembourg à Paris en février.
Vue du Jardin du Luxembourg
au fond le dôme du Panthéon
Au départ il faisait très beau, mais, soudain, vers seize et demie, des nuages noirs se sont approchés. Le ciel changeait rapidement. Les nuages entouraient la lumière et composaient un arrière-plan parfait pour les arbres qui dressaient leurs branches telles des bras encore nus vers le ciel.
Les premières gouttes tombaient, je hâtais mes pas. Alors la pluie s'est mise à couler comme versée par des seaux. J'avais de la chance. Directement devant moi un petit pavillon se proposa comme abri. Sous son petit toit j'étais, avec beaucoup d'autres visiteurs du parc, protégée contre la tempête de grêle qui suivait le flot d'eau. Je voulais prendre une photo de la grêle sautant et dansant au sol, mais j'étais un peu coincée par les autres personnes. Et quand j'ai vu un japonais agenouillé devant ces petites boules déjà entrain de fondre, je me sentais un peu ridicule de faire pareil.
Les enfants ne se laissaient pas chasser des dos des poneys par la pluie. Ils étaient trop contents d'avoir convaincu leurs parents de les y avoir laissé monter. Et, qui le sait, probablement un autre enfant aurait tout de suite pris la place vacante. Alors il fallait s'accrocher aux brides à tout prix. Les guides des animaux n'étaient pas aussi contents qu'eux. Ils auraient préférés se protéger quelque part.
Une fois la pluie passée, l'air était comme lavé avec du Savon de Marseille. Il était tellement clair et propre que les poumons commençaient à délirer. Chaque jour, chaque heure, chaque minute remplit d?'xygène enrichit de gaz résiduel des voitures chéries de Paris les ont rendu tellement sensibles que cet oxygène pur les enivrait. Quel plaisir de respirer !
En rose le Palais du Luxembourg
Encore une fois le ciel a changé. Les nuages noirs s'éloignaient vers le nord. Le soleil dessinait des reflets contrastés sur le sol. La luminosité et les contrastes semblaient être beaucoup plus accentués qu'avant, les contours plus clairs. Les cailloux brillaient comme des pierres précieuses. Les flaques d'eau garnies de rayons de soleil décoraient le chemin de sable foncé et sali et le transformaient en paysage maritime minuscule. L'air était frais. Cela n'empêchait pas les joueurs d'échec de s'installer aux tables encore humides et de reprendre la partie abandonnée quelques minutes avant.

Flaque d'eau sur le chemin

Cailloux mouillés ou grains de curry ?
Et quelle merveille : dans les coins un peu cachés, inaperçues de la plupart des gens, les premières fleurs osaient se montrer.
Voilà, c'était ma petite promenade. Je voulais seulement t'expliquer ce que j'ai vu et ça m'a pris presque deux heures.
CARMEN








