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Jeudi 10 août 2006
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      Mon amie, fidèle à elle-même, avait décidé de prendre un circuit pour passer la journée en Chine. Quant à moi je n'étais pas du tout intéressée. Entendre les enfants de l'école maternelle me chanter une petite chanson en agitant le drapeau rouge, ou visiter telle usine bien nickel avec le directeur en blouse impeccable, passant en revue les employées à la chaîne tout de blanc vêtues la tête penchée comme il se doit sur son travail, très peu pour moi. Je voulais surprendre et découvrir par moi-même d'autres aspects de la vie à Hong Kong, d'autres coins moins populeux s'il en existait, moins touristiques. Donc je me suis mise en marche au hasard et je me suis arrêtée lorsque j'ai découvert ceci

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                     Vue d'un coin du territoire de Hong kong

      
J'étais super contente. Je me suis donc rapprochée.C'était ce que je recherchais : le contact. Car la rue était marchande bordée de magasins avec les produits présentés dehors aux acheteurs éventuels. En passant de l'un à l'autre j'ai découvert des maillots de bain dont un deux pièces qui me plaisait beaucoup. J'ai demandé à la dame où je pouvais essayer, s'il y avait un paravent, mais elle m'a fait signe que non ce n'était pas possible. Sentant que j'étais ennuyée, elle a fini par me faire signe et là je me suis sentie très, très gênée. Elle me précédait en parlant dans sa langue et j'ai compris qu'elle avait fait se relever le grand-père qui s'était assoupi sur des cartons à même le sol qui n'était que le sol foulé, pas de la terre battue, non, le sol foulé. Passant de pièces en pièces qui n'étaient pas très grandes, je remarquais qu'il n'avait quasiment pas de meubles mais que tout était méticuleusement, parfaitement propre . Elle s'est arrêtée au fond de sa maison et m'a laissée essayer mon maillot. Il n'y avait qu'un poêle antique et rien d'autre. Je l'ai acheté. Image Hosted by ImageShack.us
                               La rue des commerces
     

     J'ai passé un bon petit moment dans la rue passant d'une boutique à une autre, grignotant ici, goûtant là et j'ai continué pour voir autour. Puis j'ai repris le chemin du retour après m'être reposée au bord de l'eau.


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                                                La plage

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                              Une autre vue du territoire  

    
A
l'hôtel mon amie était ravie de son petit tour chinois surtout que tout c'était passé comme je le lui avais promis ce qui l'a bien fait rire quand elle voyait mes prédictions se confirmer. Bien qu'elle ne se soit éloignée que d'une dizaine de kilomètres de Hong Kong elle avait trouvé les paysages différents et tout très agréable. Super.  

       
Le soir nous étions trop fatiguées pour sortir trop loin aussi avons-nous été manger au petit restaurant du coin celui avec le canard laqué à la vitrine. Tout en attaquant avec les baguettes nous avons planifié notre journée du lendemain comme une « journée achat » comme ça si nous oubliions quelque chose nous aurions encore le temps d'y revenir.

    
Et donc nous revoilà parties à l'assaut des magasins, objectif : revenir avec des vêtements. Nous avons donc fait un premier tour de repérage. Arrêt autour d'un verre pour faire le point. Séparation pour mener chacune de notre côté nos attaques. Point de rendez-vous: l'hôtel. 

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                                    Rue de Hong Kong

     Je suis donc revenue vers un magasin où j'avais repéré pas mal de choses qui me plaisaient bien. Une jeune vendeuse m'a fort gentiment servi et puis au moment du « combien ? » la discussion a commencé. Je dois dire que je ne suis pas nulle en marchandage. Je suis donc ressortie satisfaite et habillée pour plusieurs années estivales. Marchander n'est pas honteux dans certains pays, c'est même recommandé. Les prix proposés sont d'ailleurs faits en fonction d'une baisse de prix. Et si vous n'entrez pas dans le jeu du marchandage, ce n'est même plus drôle pour le vendeur. Là, à Hong Kong nous avons fait nos échanges verbaux et nos réductions par tranche tout en restant plus ou moins sur le sujet, sans proposition de thé, de coca cola ou d'un siège de sa part, d'ailleurs il n'y aurait pas eu de place pour mettre ledit siège.

     Nous sortions par le hall de l'hôtel pour aller dîner à Aberdeen, car nous ne pouvions pas partir sans visiter Aberdeen et ses restaurants flottants, quand mon amie s'est entendue interpellée. Il faut le faire. Venir à Hong kong pour se faire appeler par un ex-collègue allemand de Munich, technicien à bord des avions, qui venait juste faire un saut entre deux vols, et qui avait réussi à trouver une chambre pour se doucher juste dans notre hôtel. Non ils ne se sont pas mariés, ni rien de tout ça. C'était juste deux bons copains ravis de se retrouver. Au long de la soirée je l'ai été un peu moins car tous leurs souvenirs n'étaient pas les miens. 

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      Femmes faisant le nettoyage des panneaux de direction. 

                        

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                                   Vue d'Aberdeen 

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                               Entrée du restaurant flottant

     Voilà et puis il a fallu repartir car les vacances touchaient presque à leur fin. Nous avions craint un moment de devoir être débarquées à Bangkok et de devoir y passer quatre à cinq jours comme c'était arrivé à des collègues quelques jours plutôt, dixit le collègue de Munich. Enfin de compte nous avons juste fait un stop et puis nous avons été appelées, pas pour quitter l'avion mais pour être surclassées en première classe et laisser nos sièges à des passagers payants. C'est donc dans un confort total, avec bulles de champagne et tout et tout, que nous avons atterri à Frankfort. Là nos chemins se sont séparés pour une semaine. J'ai continué vers la Bretagne et elle vers la Forêt Noire.

    Ce fut chouette Hong Kong.

 

Josée Dauphin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par DAUPHIN publié dans : voyages
Vendredi 4 août 2006

       Aujourd'hui je te conte le cimetière des Saints-Innocents.

A l'époque romaine les morts étaient inhumés aux abords des voies publiques en dehors des villes. Des terrains situés au nord de Lutèce, dans l'actuel quartier des Halles, recevaient des sépultures, notamment le long de lancienne voie menant dans les provinces du nord (rue Saint-Denis) Aujourd'hui la rue St Denis a conservé toute son animation, son mélange de "dames" qui offrent leurs services, de chalands et de badaud.Image Hosted by ImageShack.us

                    La rue St Denis

    Quelques siècles plus tard, les sépultures se regroupèrent autour d'une chapelle dédiée à Saint-Michel et construite le long de l'actuelle rue Saint-Denis. Situé à l'extérieur de l'enceinte de la ville, le cimetière était déjà le plus important de Paris.

     La fontaine, situé au centre de la place est l'oeuvre de Jean Goujon et de Pierre Lescot. A l'origine elle était installée contre un mur à l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers (rue Berger aujourd'hui). Image Hosted by ImageShack.us

                         La fontaine

 

       Pour en revenir au cimetière, les riches étaient déposés dans des caveaux individuels. Les pauvres étaient inhumés sommairement dans d'immenses fosses communes de 5 à 15 mètres de profondeur constamment ouvertes. Les corps étaient entourés d'un simple linceul puis déposés dans la fosse entre deux couches de terre.

    Le quartier était populeux et commerçant mais aussi profané par le crime. Les charrettes portant les corps ou des marchandises traversaient le terrain qui n'était pas clôturé. C'était un va et vient incessant de badauds, de voleurs et de chiens errants.

     En fin de compte Philippe Auguste décida de construire un mur tout autour du cimetière pour faire obstacle au désordre qui y régnait. Ce fut fait en 1186

    Au début du XIVème siècle son sol était déjà saturé et posait des problèmes d'insalubrité. Afin de libérer des fosses, des toits furent construits le long du mur intérieur d'enceinte pour recevoir des ossements. Ils devinrent des charniers. Image Hosted by ImageShack.us                              Les charniers

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                  Le cimetière et les charniers   

 Veux-tu que je te donne une idée du nombre de corps ensevelis dans ce cimetière, le plus infecte des cimetières parisiens ? En plus des 20 paroisses, des hôpitaux qui y déposent quotidiennement leurs morts, il faut rajouter les  épidémies fréquentes et dévastatrices soit jusqu'à 500 inhumations par jour en 1348, 50 000 corps enterrés en cinq semaines en 1418 et 50 000 autres en 1466 ! Imagine un peu !

     En 1365 des pierres tombales furent vendues pour construire la Grande Vis du Louvre (escalier dont il ne reste plus rien). On ne s'embarrassait pas beaucoup d'éthique à l'époque, ni de beaucoup d'autre chose non plus d'ailleurs.

    En 1782, le cimetière continuait à être un lieu très fréquenté. Toujours ouvert à tous de jour comme de nuit, envahi de vendeurs, de chalands. C'était un endroit à la mode pour les rendez-vous galants, un lieu d'échanges et toujours avec autant de désordres.

    Pourtant le lieu n'avait rien de salubre les fosses étaient juste recouvertes de quelques planches, des amoncellements d'ossements étaient visibles partout, les riverains y jetaient leurs ordures et immondices ; c'étaient un dépotoir public. Sous les charniers surchargés de débris vermoulus de trente générations, malgré l'odeur fétide et de cadavres en décomposition, d'humidité, celles-ci venaient acheter des rubans, celles-là dicter des lettres amoureuses, les petits métiers se côtoyaient. Les étalagistes fixaient leurs produits sous les arcades, il fallait donc enlever les marchandises lors des enterrements puis les remettre ensuite. Pourtant il était interdit d'y faire commerce ! Théoriquement.

 

      Aujourd'hui le Cimetière n'existe plus, le transfert des os s'est effectué vers le Petit-Montrouge et une place conviviale l'a remplacé. Les gens y viennent pour s'y retrouver, discuter, manger le sandwich aux heures de midi ou les hamburgers de chez Quick ou du Flunch qui sont ouverts à côtés, refaire le monde dans les resturants alentour pizzerias ou autres moules-frites ou steack-frites, restaurant brésilien ou typiquement français avec la bonne carte des vins. Il n'y a plus de merciers, de drapiers mais les libraires sont restés ainsi que les marchands de chaussures ou de vêtements. La place des St Innocents a conservé l'activité bruyante qui a toujours prévalue dans ces lieux. 

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     A droite la place , au fond Beaubourg

A bientôt pour la suite de nos ballades dans Paris.

Josée Dauphin

 

 

 

 

par DAUPHIN publié dans : Paris

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