Brrr...! Encore au moins deux mois minimum à tirer avec l’hiver et le froid. Toi, je ne sais pas, mais moi, j’ai horreur de ça.
Dès que le thermomètre descend en dessous de 20 je commence à être mal et à rêver de palmiers et de sable blanc
… Ah qu’il était bon le temps où je ne m’habillais qu’en T-shirt, bermuda et tongs ! Remarque, pour les inconditionnels d’icelles, le Japon est le pays où il faut vivre. Si, si ! Même en hiver tu pourras continuer à porter des claquettes et à t’admirer les orteils.
Dans un pays où l’on passe son temps à se déchausser dès qu’on rentre quelque part (et c’est valable aussi dans pas mal de restos), et ce depuis des siècles, voire des millénaires, il aurait été bizarre que l’ingéniosité nippone ne trouve pas une solution au laçage et délaçage des chaussures. Eh bien, j’en ai rêvé, les Nippons l’ont fait ! Et la tong fut inventée ! Sauf qu’ici ça s’appelle des « zori ».

En fait, les toutes premières – utilisées communément jusqu’à l’avènement du caoutchouc – étaient en fibres végétales (du chanvre) tressées ; économiques, écologiques, elles étaient faites sur mesure par l’utilisateur.

Mais, c’était sans compter sur la coquetterie naturelle de ces dames de la Haute !

« Comment ? Moi, mettre ces horribles choses de paysan avec mon beau kimono tout joli tout neuf ?! »
Ah, les femmes… ! C’est ainsi que naquirent les « geta » (à prononcer guéta, comme Georges Guétary, Gay Luron, Rue Gay Lussac, « vous êtes gai aujourd’hui » « euh…non, non, je suis pareil qu’hier, toujours hétéro », etc.).
Même concept que les « zori », sauf que la semelle est en bois, et les cordons en tissu. Comme tu peux le voir sur la photo,
la semelle est rehaussée par deux traverses. Idéales pour marcher sur les chemins pas encore bitûmés du Japon, ces « geta » furent adoptées aussi par les messieurs.

Le goût du luxe et du raffinement aidant (encore une fois, surtout chez les donzelles…), quelques enjolivures furent inventées au gré des époques afin de se démarquer de la populace qui s’était mis à l’air du temps et avait également adopté le modèle. C’est ainsi que la hauteur des traverses varia – jusqu’à atteindre des sommets avec les geishas – puis que de deux traverses on passa à une seule (assez casse-gueule), on changea la couleur de la semelle, les cordons s’assortirent aux couleurs des kimonos, etc...
De même que les sabots d’antan chez nous, l’avantage de ces machins était leur robustesse et leur simplicité, par contre, le revers de la médaille était, et le reste, qu’il est difficile de faire des chronos avec ça aux pieds…En plus, pour passer inaperçu ou pour monter à cheval, bonjour ! Donc, pour une nation de guerriers comme le Japon, c’est un vrai handicap…Qu’à cela ne tienne, voici la « zori » nouvelle version ! Légère, élégante, pratique, elle a tout pour plaire. C’est ce modèle que l’on rencontre encore aujourd’hui.
Justement, parlons d’aujourd’hui ! A l’heure des Nike et autres Adidas, tu penses (si, si, je le lis dans tes yeux glauques d’avoir trop réveillonné) qu’il ne reste plus que quelques excentriques à porter ces tongs d’un autre âge. Beuh ! Beuh ! Perdu ! On ne change pas une recette qui gagne ! Bien sûr, aujourd’hui, ce sont plutôt les « zori » plus que les « geta » qui sont portées, et plus particulièrement par les femmes, mais quand même ! Il existe encore nombre d’occasions pour pouvoir les sortir du placard.
Tiens, pas plus tard qu’hier, 9 janvier, c’était le jour des « seijin shiki », c’est à dire la cérémonie destinée à tous les jeunes qui auront 20 ans cette année, eh bien, traditionnellement, les filles et les garçons sortent (ou louent) le kimono des placards. Comme les baskets font un peu tâche avec ce type de costume, ils et elles ont tous des « zori » ou des « geta » aux pieds.
De même, l’été, pendant la saison des feus d’artifice, les Nippons revêtent le yukata pour aller admirer les spectacles pyrotechniques. Le shogatsu (jour de l’an) est aussi une occasion de voir nombre de filles en kimono se rendre au temple. Bref, les occasions ne manquent pas. Dans certaines catégories professionnelles (restauration ou hôtellerie typique, personnel travaillant dans les sanctuaires shintoïstes) ou sportives (lutteurs de sumo), c’est même l’uniforme de travail.
Alors, oui, mais l’hiver ? Eh bien pas de problème, merci d’être venus ! Ils y ont pensé aussi. Qui dit « zori » ou « geta » dit donc « tabi » ; ce sont des sortes de chaussettes s’agrafant par derrière avec une séparation entre le gros orteil et les autres orteils. Idéal donc pour chausser ses tongs tout en gardant les pieds au chaud. L’exubérance de la mode étant ce qu’elle est, les « tabi » se dévergondent et l’on trouve maintenant partout des chaussettes à cinq orteils. Sans jeu de mots, c’est le panard ces trucs ! J’en profite pour lancer un petit message personnel : Youk, c’est radical pour aérer l’espace entre les orteils et éviter ainsi les effluves nauséabondes !
Cet inventaire ne serait pas complet si j’oubliais de parler d’une autre sorte de chausses, alliant cette fois les « tabi » et les « zori » en un seul outil plantaire : les « jikatabi ». En fait ce sont des « tabi » longues, à la semelle renforcée, ne nécessitant pas le port de « zori ». Très prisées par les ouvriers du bâtiment, elles sont également parties intégrante de l’uniforme des « bosozoku » (dont je t’ai déjà parlé ici).


Pour ma part, je possède une paire de « zori » normales, une paire de « zori » tatamisées et une paire de "geta". Quant aux chaussettes à 5 orteils, je remplace petit à petit mon lot de normales par celles-ci. Pas besoin, donc, d'acheter des Havaïanas brésiliennes à 15 euros (alors qu'elles coûtent 5 fois moins au Brésil...) pour déambuler sur les plages, j'ai tout ce qu'il me faut Made in Japan!
A Tchao !
Nicolas LE CARRE
Il y a seulement une toute petite semaine je n'aurais pas pu lever le doigt mais, maintenant, je connais.
Pour moi, cette ville était synonyme de la "tapisserie". Je l'ai vue étirant ses 69,55 m de long sur 50 cm de haut dans une salle de l'ancien séminaire. Superbe bâtiment entre nous.
C'est Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant, qui la faite exécuter par des moines anglais après la conquête de l'Angleterre. Non, ce n'est pas la reine Mathilde qui a usé ses petits doigts à tirer l'aiguille pour la gloire de son royal époux, non, ce sont des moines et anglais en plus.
C'est une merveille tant par la régularité des points que par le mouvement qui s'en dégage. heureusement que j'avais été écouter avant le pourquoi de sa création dans la salle de cinéma deux étages plus haut. C'est gratuit, en français et en anglais, et cela vaut vraiment la peine.
En sortant j'étais déjà ravie mais en découvrant la cathédrale preuve d'un puissant évêché confié vers 1050 par Guillaume le Conquérant, alors duc de Normandie, à Odon, je suis restée... émerveillée, baba. Elle est si grande, si haute, si majestueuse, si tout, que j'ai vraiment eu un choc au coeur.
Ici, au dessus, la cathédrale prise avant 1893 par le photographe Médéric Mieusement (Site culture.gouv/inventaire) et à main droite, aujourd'hui (site de Office du tourisme)
D'ailleurs, plus je passais et repassais dans les rues de la ville, souvent en sens unique à cause de leur étroitesse, plus j'avais l'air d'une bienheureuse un peu stupide. Tout le long des rues, des deux côtés, vous trouvez des hôtels particuliers datant parfois du 14ème siècle avec leurs très grandes portes cochères.Et puis les noms des rues qui fleurent bon le Moyen Age comme la rue Franche, dont on voit la photo ci-contre(photo autorisée), des Cuisiniers, Laitière, de la Poterie, des Chanoines, aux Coqs, des Bouchers, etc...
Après avoir traversé l'immense place du Général de Gaulle plantée d'arbres bien centenaires et ayant une grande fontaine au milieu, on s'arrête devant la Sous-Préfecture qui a un air de château. Sur la place, au milieu des arbres, il y a une colonne qui inique l'emplacement où le Général de Gaulle a donné son premier discours sur le sol français libéré, on était le 14 juin 1944.
En face de nous il y avait un monastère de belle taille. Il est maintenant transformé en appartements.
Il existe un autre monastère de Bénédictins dont on longe le mur d'enceinte pour glisser tranquillement vers le Musée Mémorial du Général de Gaulle, qui était fermé,

puis vers le cimetière et le Mémorial britannique. Moment émotion. Sur le Mémorial, si je ne me trompe pas, il y avait un seul nom de femme. Sur son fronton il y une phrase qui courre tout le long et qui redit à peu prêt ceci " que ceux qui ont été vaincus par Guillaume le conquérant sont revenus délivrer le pays de ceux qui les avaient envahis".

En reprenant la rue des Teinturiers, je me retrouve sur le pont St Jean (photo de gauche) pour regarder la roue de l'ancien moulin tourner dans la rivière L'AURE.
Et puis la dentelle et le cidre...
Les Bacojasses ou Bayeusains, ils préfèrent ce dernier, sont vraiment très sympathiques et commerçants.
Voilà ce furent trois jours très, très agréables avec un petit goût de "revenez-y". A bientôt
Josée Dauphin





