
Habituellement, elle se sentait contente de la journée qui commençait mais depuis quinze jours une grève des marins faisait que le travail était rare. M. et Mme Le Goff, les patrons, étaient bien ennuyés de faire venir leurs employés si tôt le matin sans savoir s'il y aurait des arrivages et donc du travail.
Lorsque Mimi arrivait les caisses pleines de poissons brillants étaient empilées en attente les unes sur les autres, d'un côté, et d'autres avec des crevettes bien roses, de l'autre. Mais les derniers jours, seuls les deux hommes étaient restés. Le patron avait dit que vu le peu de caisses qu'il y avait à traiter; les femmes pouvaient rentrer prendre des forces pour le lendemain. Elles n'avaient donc pas eu à mettre leurs gants de plastique qui protégeaient leurs mains de la glace, le sarreau en ciré qui recouvrait sur le devant le tablier enfilé sur les pulls et le pantalon, enfiler les bottes qui tenaient les pieds au sec et au chaud. Après un dernier regard circulaire au grand hangar ouvert au vent du large par une grande porte fermée par des lamelles de plastiques qui tombaient jusqu'à terre, la plus ancienne, Jeanine dit :
-"A demain les hommes. Demain ça ira mieux"
Ceux-ci tout en enlevant avec précision les filets sur les poissons répondirent sans lever la tête :
-"Sûr, ça ira mieux demain"
Laissant aussi Marie-France qui se partageait entre le travail de bureau et celui d'arrimeuse, chacune repris le chemin de sa maison après s'être saluée et avoir écouté la mise au point de Jeanine "Ce sont des chefs de famille" ce qui impliquait qu'il était normal qu'ils restent faire le travail habituellement fait par les femmes. Mimi était trop jeune et trop inexpérimentée pour faire une quelconque réflexion. Le patron avait donné le travail, Jeanine avait expliqué, il n'y avait rien à y redire.
Sa mère la voyant déjà revenue compris que la grève continuait et demanda seulement :
-'Tu retournes demain matin ?"
A la réponse positive de sa fille, son visage eu une moue dubitative. Mimi était tout à fait consciente que leur quotidien dépendait d'elle et d'elle seule. C'est pourquoi sans le montrer, elle s'inquiétait car si le travail continuait à manquer il n'y aurait pas d'argent. Elle s'installa près de la grande cheminée où brûlait de gros morceaux de bois qui enfumaient copieusement la pièce et se plongea dans ses pensées.
A suivre...
Josée
The kids on the bus asked, "You coming to the game tonight?"
"I can't. My grandmother's coming over.?
There was no visit from grandmother, of course, just another of Joel's well-devised covers for the truth. Joel never went anywhere but straight to the house. Blake House had been Joel's and his mother's home for the last four months. The place wasn't bad; there simply wasn't any privacy. Sharing a room with his mother was easier since she started going to night school. Many nights, Joel was already in pajamas and ready for sleep by the time she returned. For Joel's mom, the Blake House was nothing short of a miracle. She knew it was hard on a boy of Joel's age but it was a comfort to know that he realized it was necessary. One more day with her husband may have been the end of her or her son, and Joel knew it too. In a way, it was his growing intervention in the assaults that convinced her they had to leave.
For Joel, things had a calm predictability but the days went by slowly. His mom was tormented by uncertainty. With the help of the Blake House staff she had found a part-time job and a grant for vocational training. In spite of this support, it was hard to imagine a time when she might stand on her own. To follow next week…
Unknown author Josée 


