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Vendredi 2 juin 2006

 Puisque nous sommes en Bretagne, gastou,nous allons y rester. Voyageons encore dans le temps, cette fois ci, dans le Finistère.

Ce pourrait être l’intitulé d’une vie ; celle de Guillaume Seznec. Ce breton dont la vie a commencé comme tout à chacun avec ses petites joies et ces petites peines, ne se doutait pas en montant dans sa Cadillac le 23 mai 1923 que sa vie allait basculer. Il ignorait qu’il disait adieu à sa tranquillité et à celle de sa famille pour trois générations ! L’AFFAIRE SEZNEC commençait.

 


              Au retour du bagne en 1947



Au moment où la portière claquait sur les deux hommes, un véritable roman policier, d’horreur, de trahison, de mystère politico affairistes s’enclenchait. Seulement si bien des années plus tard on en a fait des livres, à l'époque, il était question de vies et de morts.

Qui étaient-ils ?

Guillaume Seznec: marié et père de 4 enfants. En 1912, il ouvre avec sa femme Marie-Jeanne, une blanchisserie industrielle à Brest puis une seconde à Morlaix. Les affaires sont prospères. En 1923, la blanchisserie de Morlaix devient scierie.

Pierre Quemeneur: célibataire, joyeux vivant. En 1919, il est Conseiller Général du Finistère. En 1923, c’est un notable que le fisc poursuit pour de gros bénéfices de guerre. Il a un beau-frère Jean Pouliquen, notaire, qu’il aide à acquérir son étude en lui prêtant 160 000 francs. Avant de partir Pierre Quemeneur lui demande de rembourser 60 000 F en lui adressant un chèque, poste restante, dans un bureau de poste parisien. On peut donc imaginer qu’il avait besoin de cette somme pour quelque chose à Paris.

Les deux hommes se rencontrent en 1922, ils sympathisent et font des affaires ensemble.

A la fin de la guerre 14/18 tout un stock de Cadillac était resté près de Brest après le départ des américains. Selon une Loi française, tout ce qui se trouvait avoir été déposé sur le sol français même par des libérateurs, devenait propriété française. –Je ne sais pas si cette Loi est toujours applicable- En conséquence, le gouvernement français avait décidé de vendre ces voitures très prisées.

Il y avait deux barèmes pour: 1°) les voitures en parfait état de marche sans pièces manquantes et 2°) les voitures avec pièces manquantes.

Un trafic s’était créé et des garagistes parisiens venaient tout spécialement enlever des pièces aux voitures (comme capotes ou pneus) qui, lors du contrôle, se plaçaient donc en seconde catégorie et se vendaient à un prix inférieur aux premières. Une fois achetées, on leur remettait leurs pièces manquantes et elles étaient revendues, en quasi-totalité vers la Russie, au prix fort. Pierre Quemeneur, en tant que Conseiller Général du Finistère, faisait partie de cette Commission de Contrôle.

Donc, en ce matin du 23 mai 1923, les deux amis quittaient Morlaix et montaient à Paris pour affaires. Quemeneur y avait rendez-vous et se devait d’y être avant une certaine heure car il lui aurait été difficile, voire impossible, d’en avoir un autre avec cette personne qui est restée inconnue. Le long des 600 kilomètres la voiture fait panne sur panne. Ils arrivent épuisés à Dreux. Là, Pierre Quemeneur prend le train pour Paris et Seznec continue sa route. Ils ne se reverront jamais.

Enfin arrivé à Paris, Seznec tente de joindre son ami à l’hôtel où celui-ci à ses habitudes. Peine perdue, il n’y est pas descendu.

Trois jours plus tard, Guillaume Seznec rentre seul. Au bout de quelques temps, le frère et le beau-frère de Quemeneur remontent à Paris avec Seznec pour faire des recherches, sans résultat. Un télégramme, signé Quemeneur, arrive du Havre indiquant qu’il va revenir que tout va bien. Nous sommes le 13 juin 1923. Aucun retour ne se produisant, la famille Quemeneur dépose une plainte.

Le 1er juillet 1923, Guillaume Seznec est arrêté car il est le dernier, disent-ils, à l’avoir vu vivant.

Il n’y a pas de cadavre mais, lors du procès qui suit, il est tout de même condamné et pas à de « simples années » de prison mais aux galères à vie à  Cayenne.

En octobre 1924, les matelots d’une gabare qui drague le sable de nuit sur le Trieux, la rivière qui longe Traou Nez la propriété de Quemeneur, témoignent avoir entendu plusieurs coups de feu peu après la disparition de Pierre Quemeneur.

Alors ? Est-ce quelqu’un de la famille Quemeneur qui a saisi cette occasion pour hériter plus vite ? Est-ce un certain Gherdi avec lequel il était en affaire ? Le procès verbal de ce monsieur a mystérieu-sement disparu tout comme celui émanant de la brigade de Paimpol (en 1953) accompagné de trois photographies prises toujours à Traou Nez et montrant un gendarme à côté d’un crâne humain.

Pourquoi n’a-t’on pas accepté les témoignages des personnes s’étant présentées spontanément à la police pour dire qu’elles avaient vu Quémeneur après le soi-disant jour de sa mort ? Qui a acheté la machine à écrire au Havre, machine qui a servi à dactylographier la promesse de vente de Traou Nez ? Etait-ce Jules Justin assassiné après la condamnation de Seznec ? (Justin garagiste et cousin de Quemener chez qui la Cadillac souffreteuse a été hébergée avant son départ pour Paris, la voiture aurait-elle été trafiquée volontairement ? Pourquoi Albert Seznec, âgé de 9 ans à l’époque des faits et fils de Guillaume, a-t-il été retrouvé mort en 1965 dans son appartement ? Est-ce parce que il a toujours maintenu que la machine à écrire avait été apportée par un policier lors de la perquisition ? Pourquoi Seznec a-t-il été renversé par une voiture vingt ans après son retour du bagne ? Quemeneur était-il vivant en Amérique du Nord ?

Je m’arrête là car je ne souhaite pas écrire un livre. Celui-ci « NOUS LES SEZNEC » l’a été, magistralement, par le petit fils de Guillaume Seznec, Denis. Vous y découvrirez l’inspecteur Bonny qui fut sous l’occupation très actif aux côtés de la Gestapo, spécialiste des faux témoignages, condamné à la libération et fusillé en décembre 1944, et bien d’autres personnages… Vous comprendrez beaucoup de chose en reposant et le livre et votre mouchoir.

Du combat qui aura duré 82 ans, le 11 avril 2005 aura vu la Commission de Révision accepter de réviser son jugement et décider de saisir la Cour de Révision. Le 5 octobre 2006, j’espère de tout cœur que celle-ci va annuler la condamnation de Guillaume Seznec et « décharger la mémoire du mort ».

Chez nous on en parlait. Ma grand-mère et ma mère baissaient la tête en mentionnant cette douloureuse affaire et le silence planait… chacune pensait qui à la pauvre Marie-Jeanne morte dans la pauvreté, épuisée de défendre son mari, qui à la mère de Guillaume qui a repris le flambeau du combat à 82 ans au décès de sa belle-fille ! Ou peut être à Jeanne qui repart à la quête de la recherche de la vérité à la mort de sa grand-mère ? Moi je les regardais et j’attendais. Ma grand-mère, si proche de Marie-Jeanne par l’âge, disait : « Guillaume Seznec n’a pas tué. Qu’il ait profité de la vente des Cadillac c'est une chose. Mais ce n’est pas un assassin. »

Cette affaire est aussi une affaire sur la ténacité des femmes à travers l’Amour indéfectible qu’elles ont su porter à leur fils, à leur mari, à leur père. Rien que pour avoir accepté de relever ce lourd défit et d’y passer, lui aussi, une grande partie de sa vie, on ne peut que dire avoir été honorée de rencontrer Denis Seznec et je le dis.

Josée Dauphin

par DAUPHIN publié dans : voyages
Jeudi 1 juin 2006

"Chère Mamie, ici il fait très beau" Qui n'a jamais reçu de tendres cartes postales bourrées de fautes d'orthographe, brefs résumés de vacances inoubliables ? En France, elles sont 300 millions à circuler chaque année. Depuis la fin du XIXème siècle, elles font le bonheur des petits et des grands et en profitent pour retracer la vie des bretons de l'époque. A Baud, le cartopole a voulu exploiter cette richesse culturelle. Il réunit plus de 40 000 pièces de collection.

On pénètre dans le Cartopole de Baud comme si l'on entrait dans un village d'autrefois. Sur la droite, la Poste affiche fièrement sa boîte aux lettres d'époque. La Gare , en face, semble prête à accueillir les premiers touristes, et l'incontournable Café de la gare, sur la gauche, attend ses habitués du dimanche. Dans cette ambiance de début du siècle, la scène est digne d'une carte postale. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : les murs de ce village reconstitué en sont pleins.

L'idée de Conservatoire régional de la carte postale revient à James Eveillard, il y a une douzaine d'années. La mairie de Baud voulait alors construire un écomusée. Pas très original au goût du responsable de la bibliothèque : « Je connaissais des passionnés de cartes prêts à léguer leur collection, alors j'ai proposé de faire quelque chose autour de la carte postale. Il n'existait rien de ce genre en Bretagne ! » Avec l'aide du Frab, le Fonds régional d'acquisition des bibliothèques, la commune acquiert donc près de 18 000 pièces. En 1996, Le Cartopole ouvres ses portes ; il retrace l'histoire de la carte postale et met à disposition du public une partie de sa collection.
 

Un succès fulgurant 



En Bretagne, la carte postale a remporté un franc succès dès son apparition, à la fin du XIXème siècle. A l'époque, les images dans les journaux sont rares et le cinématographe reste encore une curiosité. Les cartes illustrées sont donc très prisées, d'autant plus que l'alphabétisation progresse. Mais le véritable succès de la carte postale arrivera avec les premiers touristes, qui envoient des cartes depuis leur lieu de villégiature. Celles-ci assurent donc la promotion de la Bretagne à paris et dans les autres régions. « L'invention de la carte postale a fait plus pour le tourisme que celles des chemins de fer », affirme ainsi l'écrivain Georges Duhamel.


Plage St Jean, le cimetière et l'Ile Tristant à Tréboul


Quimper: tourelles et vieilles maisons sur Steir



Une chose est sûre, c'est que le marché se développe. Les éditeurs se comptent par milliers. Des bretons se spécialisent eux aussi dans la carte postale : Armand Waron et Emile Honic à Saint-Brieuc, Joseph-Marie Villard à Quimper, Gabriel Artaud à Nantes, Le Doaré à Châteaulin. Les petits commerçants, épiciers ou buralistes, peuvent également éditer leurs propres cartes postales. A la moindre occasion, ils sortent leurs appareils photos. Mariages, enterrements, fêtes de village ou vie de tous les jours, tout y passe. 
   

 

 

Une valeur scientifique. 

Cette multiplicité de petits éditeurs locaux a favorisé l'exceptionnelle richesse des cartes postales bretonnes. Vieux métiers, costumes, techniques anciennes. Elles offrent de nombreuses informations sur l'histoire du début du siècle. Ainsi des historiens, étudiants, chercheurs ou même des généalogistes fréquentent le Cartopole, à la recherche de précisions ethnographiques ou techniques. « « Par exemple, les cercles celtiques viennent étudier les cartes postales pour repérer un détail dans les costumes », témoigne Yolande Brolon salariée au Cartopole. Des répliques de voiliers anciens ont également pu être reconstituées grâce aux cartes postales.

  

L'île du Coulinec à Tréboul

Depuis sa création, le Conservatoire de la carte postale a complété sa collection. Elle contient aujourd'hui plus de 40 000 pièces. La plupart datent des années 1900-1920. Car après la seconde guerre mondiale, la carte postale a entamé son déclin. Elle a souffert de la concurrence de la photographie, devenue plus accessible, et de la TSF qui assure désormais la circulation de l'information. Il faudra attendre les années 70 pour que la carte postale retrouve ses heures de gloire. Les cartes multi vues et humoristiques apparaissent, ainsi que les cartes de voeux. Et aujourd'hui, c'est la carte recette du far breton qui détient le record des ventes !


D'après une peinture de Théophile DEYROLLE "Les Joueurs de boules" à Concarneau vers 1887


La collection en ligne 

Afin que tous puissent profiter de cette richesse culturelle trop peu exploitée, le Conservatoire régional de la carte postale a effectué un travail colossal de classement et de numérisation des fonds. Ainsi, l'ensemble de sa collection est consultable sur le site internet www.cartolis.org.

En attendant, les murs du Cartopole affichent fièrement une part entière du patrimoine breton. Cartes nuages, cartes brevet, cartes à système.Cartes en cuir, cartes en liège, cartes en celluloïd.Cartes de peintres célèbres ou de chanteurs à la mode (un couplet sur chaque carte). Le Cartopole n'en finit pas d'exposer la richesse de sa collection. Et toujours avec une pointe d'humour !

Virginie  Le Pape dans  BREIZhmag Une terre, des hommes -Printemps 2006- (sur papier glacé s'il vous plaît!) parution dans tous bons kiosque, proposée tous les deux mois à 5,80 €

 

 

 

 

  
P.S. C'est un voyage par les cartes et dans le passé que je te propose là. J'espère que cela te plaîra ?! Il y avait une photo que j'aurais voulu te montrer sur les noces dans les environs de Pontivy. Mais je n'ai reçu aucune réponse à mon si gentil mail de demande à la Cartopole. Celles que tu vois là sont de ma collection privée comme on dit. Donc pour revenir à cette carte de Pontivy on voyait une noce en grande pompe avec les costumes superbement brodés de l'époque, coiffe pour les dames et châpeau, ben oui breton, pour les messieurs qui prenaient part aux agapes assis à même la terre dans des tranchées creusées tout exprès et ce en raison du nombre d'invités qui pouvait atteindre le chiffre de + 1 500. Pour les noces à Tréboul, près de Douarnenez, on installait des planches sur des tréteaux qu'on recouvrait de draps blancs. La fête rassemblait 200 personnes en moyenne et durait 3 jours. Le 1er jour était le mariage avec tous les invités, le lendemain était réservé aux mariés avec les jeunes et le 3ème était le "retour de noce" où l'on terminait les restes et ouvert à tous les invités. Inutile de dire qu'à la fin tout le monde était épuisé et les jeunes mariés plus que les autres. Ils devaient en plus subir chaque nuit le charivari pour les empêcher de dormir. Ces durées de festivités ont continuées jusqu'en 1955 environ après c'était trop cher.


Kenavo ! je sais aussi dire "à bientôt" mais avec un ortographe uniquement phonétique "Arvechal".

Josée Dauphin

 

 

 

 

 




par DAUPHIN publié dans : voyages

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